Auto-motoLes préjugés sur la conduite féminine sont presque aussi vieux que l’automobile elle-même. Malgré l’évolution des mœurs, les conductrices sont perçues encore aujourd’hui comme des êtres dangereux, têtes en l’air ou encore dénuées de tout sens de l’orientation…
« Une femme au volant, c’est soit un lièvre, soit une tortue », confie Vincent, détenteur du permis de conduire depuis trente-sept ans. « Parfois elles roulent trop vite ou à l’inverse, elles ont peur et sont trop lentes. Sans parler du fait qu’elles sont plus facilement distraites à cause des enfants qui chahutent à l’arrière ou du téléphone portable qui sonne. Pour ce qui est des créneaux, n’en parlons même pas », ajoute-t-il un brin moqueur. Cet instituteur est pourtant loin d’être le seul à tenir ce genre de propos misogynes.
Pour info
« Femmes au volant », documentaire de 48 minutes réalisé par Brigitte Chevet, retrace les étapes de la lente démocratisation de la conduite au féminin en France. À commander sur le site internet de l’Ina.
Il n’y a qu’à sonder les amies, belles-sœurs, collègues, pour se rendre compte que nos compagnons sont la plupart du temps de bien piètres copilotes. « J’avais un peu de difficulté à manœuvrer. Au lieu de me guider, mon ami a pris ma place pour garer lui-même ma voiture ! », avoue Claire, 62 ans, sur un ton désabusé. La capacité féminine en matière de conduite automobile en prend souvent un sacré coup alors que sur l’asphalte, la réalité est toute autre… Et si au final, ces stéréotypes avaient pour seule origine la crainte de la gent masculine de devoir céder un de ses symboles de virilité ?
« Femme au volant, mort au tournant ». En voilà un adage qui a du mouron à se faire ! Et pour cause : « Alors que la part des femmes dans la démographie est de 52 % (part constante depuis une décennie), leur part dans l’accidentalité est nettement moindre (3 024 hommes tués contre 939 femmes tuées) », souligne Bénédicte Pilet, chargée d’information juridique et technique de l’association la Prévention Routière. Huit décès sur dix en voiture sont occasionnés par des hommes et neuf candidats sur dix à la récupération du permis sont de sexe masculin !
Ce qui est intéressant, c’est que l’automobile est étroitement liée à la libération de la femme. Dans les années 60, elle passe du statut de simple passagère à celui de conductrice. À la fin des années 70, elles sont aussi nombreuses à passer leur permis que les hommes. En 2007, sur l’ensemble de la population, 73 % des femmes ont le permis contre 90 % d’hommes (2007) (1). « Mais les femmes rattrapent leur retard et l’on arrive à un chiffre quasi équivalent de permis délivrés chaque année entre les deux sexes », précise Bénédicte Pilet.
Aujourd’hui, les constructeurs automobiles font les yeux doux à ces dames puisque presque un conducteur sur deux est une conductrice, sans tenir compte de leur influence sur les acquisitions de leur époux. Les modèles sont ainsi désormais griffés tandis que les designs et les couleurs se féminisent. Si les grosses cylindrées ne les font pas toujours rêver, les femmes mettent un point d’honneur à obtenir les mêmes équipements que les hommes : sécurité, assistance à la conduite… A contrario, elles sont plus exigeantes que leurs homologues en matière d’environnement.
(1) Chiffres Union Routière de France.
Alors messieurs, encore quelque chose à ajouter ? Et vous mesdames, êtes-vous d'accord avec tous ces clichés ? N’hésitez pas à échanger sur ce vaste sujet dans l'encadré « Commentaire sur l’article » ci-dessous.






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