Auto-motoJuste avant les vacances législatives, le Sénat, puis l’Assemblée nationale ont voté un amendement inattendu : la dépénalisation du stationnement. Cela signifie que les amendes de stationnement ne relèvent plus de la compétence de l’État, comme les autres amendes routières, mais de celle des communes.
L’amendement a été présenté par le sénateur d’Indre et Loire Jean-Jacques Filleul (PS), dans le cadre du débat sur le projet de loi de décentralisation.
Pour lui le cadre juridique qui régit le stationnement est inadapté. Lorsqu’un automobiliste s’exonère d’horodateur, la sanction est une amende pénale au montant unique de 17 € (depuis le 1er août 2011). « Peu dissuasive à Paris, elle est excessive dans nombre de petites communes », estime Jean-Jacques Filleul. Selon lui, les amendes de stationnement devraient au contraire être liées à la fois au lieu et au tarif de stationnement pratiqué dans la commune où le procès-verbal est dressé.
Elle permet aux maires de fixer à la fois :
Tout cela pourrait être modulé selon les rues, par exemple : un montant plus élevé en centre-ville, plus faible dans les faubourgs, et la gratuité en périphérie.
Et bien sûr d’une ville à l’autre, les montants pourraient également varier.
En outre, l’ensemble de ce financement serait intégralement touché par la commune. Alors qu’aujourd’hui le produit des amendes revient à l’État.
La dépénalisation du stationnement permet aussi de se passer d’un agent assermenté pour constater le défaut de paiement ou le stationnement gênant. L’amende devient une simple facturation de parking municipal. Une facture qui peut donc être dressée par un agent municipal, et non un agent de police.
En cas de défaut de paiement, la facture pourra être envoyée au contrevenant par la commune, avec des majorations de retard.
Combien ? Certains parlementaires proposent déjà jusqu’à 10 fois de tarif horaire du stationnement !
Du côté des associations d’automobilistes, on s’inquiète : la surenchère pourrait déséquilibrer l’échelle des contraventions. Avec le risque de faire payer plus cher un stationnement gênant que la conduite en état d’ivresse.
Mais tout cela n’est pas encore acté. Il faut d’abord que la loi de décentralisation soit adoptée. A suivre…
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