SexualitéEntendons-nous bien : lorsque l’on parle de sexsomnie, il n’est pas question de rêves érotiques, ou de réveil nocturne accompagné d’une envie coquine. Dans le premier cas le rêveur est endormi et seul son esprit vagabonde, dans le second cas le corps entre en action mais il est piloté par la conscience. Le sexsomniaque, lui, associe deux phénomènes normalement incompatibles : il est endormi mais il agit. La sexsomnie peut donc s’apparenter au somnambulisme, à ceci près que l’activité nocturne du sexsomniaque relève d’un domaine particulièrement intime.
En pratique, la personne souffrant de sexsomnie va présenter un comportement de type sexuel alors qu’elle est endormie. Cela peut aller du gémissement aux caresses, en passant par la masturbation et le rapport sexuel complet. Les yeux peuvent être fermés ou ouverts, la personne peut s’exprimer, mais la conscience et la volonté sont absentes. Le langage, le comportement et le regard peuvent différer sensiblement par rapport à l’état d’éveil. Un des éléments les plus caractéristiques est l’absence de souvenirs. La plupart du temps, le sexsomniaque ne garde rien en mémoire de son activité involontaire, et c’est l’entourage qui doit la lui rapporter.
Etre réveillé en pleine nuit par un (ou une) partenaire endormi mais entreprenant peut avoir un certain charme, et même apporter du piment à la vie sexuelle d’un couple. Mais si ce partenaire endormi se montre trop cru, voire agressif ou violent, le plaisir ne sera pas partagé longtemps. Par ailleurs, lorsque la personne souffrant de sexsomnie entre en contact avec d’autres individus que son ou sa partenaire lors de ses activités sexuelles involontaires, la situation devient vite gênante, voire dramatique.
Repères
2 à 4% de la population adulte serait touchée par des troubles du sommeil de type parasomnie (essentiellement somnambulisme) moins de 10% des adultes parasomniaques seraient touchés par la sexsomnie.
La sexsomnie est dans la plupart des cas détectée par la compagne ou le compagnon qui en parle au malade. Rare et encore mal connue, il est possible de faire diagnostiquer cette pathologie dans des centres spécialisés dans les troubles du sommeil. La consultation permet de connaître la nature exacte du trouble mais aussi d’échanger autour des éléments déclencheurs (dont certaines drogues et l’alcool) ou des conséquences de la maladie. Au quotidien, connaître la sexsomnie d’une personne permet d’adopter les bons réflexes pour protéger l’entourage et gérer au mieux la pathologie. Après tout, tant que cet état ne va à l’encontreni des lois, ni des bonnes mœurs, ni de vos envies, rien n’empêche d’en profiter !
Et vous, avez-vous déjà fréquenté un sexsomniaque ? Peut-être souffrez-vous de sexsomnie vous-même ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans l’encadré « Commentaires sur l’article » ci-dessous.

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