Retraite et assurance santé : pourquoi votre couverture doit évoluer après 60 ansSanté

Retraite et assurance santé : pourquoi votre couverture doit évoluer après 60 ans

Emeline E.  |   Date de publication : 16 novembre 2025 12:23 / Dernière mise à jour : 16 novembre 2025 12:23

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Passé 60 ans, la vie change… et vos besoins en santé aussi. Vous partez à la retraite, votre rythme de vie s’adoucit, mais certaines dépenses médicales augmentent. Beaucoup de seniors découvrent à ce moment-là que leur complémentaire santé n’est plus adaptée. Pourtant, bien choisir sa couverture permet d’éviter des restes à charge élevés et de préserver son budget sur le long terme.

 

À la retraite, vos remboursements changent

Quand on quitte la vie active, on perd souvent la mutuelle d’entreprise, qui prenait en charge une partie importante des cotisations. Vous devenez alors entièrement responsable de votre complémentaire santé.
Même si la Sécurité sociale continue de vous rembourser sur les mêmes bases, certaines dépenses deviennent plus fréquentes :

  • consultations de spécialistes (ophtalmologiste, cardiologue, rhumatologue…) ;

  • soins dentaires ou prothèses auditives ;

  • frais d’optique ;

  • hospitalisations plus fréquentes.

Ces postes de dépenses peuvent vite peser lourd sans une bonne couverture. Une protection sociale des retraités devient alors indispensable.

 

Les besoins de santé évoluent avec l’âge

À partir de 60 ans, les dépenses de santé augmentent en moyenne de 30 % selon la DREES. Les raisons sont simples :

  • suivi régulier pour le cœur, la tension, le cholestérol ;

  • traitements chroniques (arthrose, diabète, etc.) ;

  • appareillages (lunettes, appareils auditifs, semelles orthopédiques).

Votre ancienne mutuelle, pensée pour un actif, ne couvre pas toujours ces postes. Il est donc essentiel d’adapter votre contrat : mieux remboursé sur l’essentiel, sans payer pour des garanties inutiles (maternité, orthodontie, etc.).

 

Choisir une mutuelle adaptée à sa tranche d'âge

Une mutuelle senior n’est pas forcément plus chère : elle est simplement mieux ciblée. Voici les points importants à vérifier avant de s’engager :

➤ Les garanties importantes

  • Hospitalisation : remboursement à 100 % des frais de séjour et forfait journalier sans limite de durée.

  • Soins dentaires et optiques : attention aux plafonds trop bas.

  • Appareils auditifs : un bon contrat couvre les dépassements d’honoraires.

  • Médecines douces (ostéopathie, podologie…) : un vrai plus si vous y avez recours régulièrement.

➤ Les options utiles

  • Tiers payant généralisé pour éviter d’avancer les frais.

  • Assistance à domicile après hospitalisation.

  • Téléconsultation médicale.

➤ Les pièges à éviter

  • Les contrats à prix d’appel qui augmentent fortement après 65 ans.

  • Les délais de carence trop longs (certains soins ne sont remboursés qu’après plusieurs mois).

 

Les aides à connaître après 60 ans

Plusieurs dispositifs peuvent vous aider à financer votre complémentaire santé :

  • Complémentaire santé solidaire (CSS) : aide de l’État sous conditions de ressources.

  • Crédit d’impôt pour la complémentaire santé (si vous la souscrivez à titre individuel).

  • Mutuelle obligatoire du conjoint : vous pouvez parfois y être rattaché même à la retraite.

  • Certaines caisses de retraite (CARSAT, MGEN, AGIRC-ARRCO) proposent des tarifs négociés pour leurs retraités.

 

Faut-il changer de mutuelle à la retraite ?

Oui, souvent.

Lorsque vous quittez votre entreprise pour prendre votre retraite, votre contrat collectif s’arrête automatiquement, mais la loi Évin (article 4 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989) vous donne le droit de conserver votre mutuelle d’entreprise.

1️⃣ Conserver sa mutuelle d’entreprise (loi Évin)

Cette option est intéressante si le contrat d’entreprise était de bonne qualité (forte prise en charge hospitalisation, optique, dentaire, etc.).
Mais il faut savoir que :

  • Vous devez demander le maintien de votre couverture dans les 6 mois suivant votre départ à la retraite.

  • L’employeur ne participe plus au paiement : vous prenez désormais 100 % de la cotisation à votre charge.

  • Les tarifs peuvent augmenter progressivement, avec un plafond fixé par décret :

    • +50 % maximum la 2ᵉ année,

    • +75 % maximum la 3ᵉ année,

    • puis liberté tarifaire au-delà.
      👉 En pratique, la cotisation devient souvent trop élevée au bout de quelques années, surtout pour les petites retraites.

2️⃣ Souscrire une mutuelle individuelle

Il est souvent plus avantageux de changer pour un contrat individuel senior.
Ces offres sont :

  • mieux adaptées à vos besoins réels (hospitalisation, optique, auditif, prévention santé) ;

  • plus souples (vous pouvez choisir vos niveaux de remboursement poste par poste) ;

  • parfois moins chères, car elles ne financent plus les garanties inutiles des contrats collectifs (comme la maternité ou la pédiatrie).

Pour bien choisir :

  • Comparez au moins 3 devis : les différences de prix peuvent dépasser 30 % à garanties équivalentes.

  • Analysez les garanties ligne par ligne (dentaire, optique, hospitalisation).

  • Vérifiez les délais de carence et les plafonds de remboursement.

  • Demandez si le contrat prévoit une évolution tarifaire limitée dans le temps (certains indexent les hausses sur l’âge).

💡 Bon réflexe

Avant de résilier votre ancienne mutuelle, faites la transition sans interruption de couverture : attendez la confirmation d’adhésion à la nouvelle pour éviter toute période sans garantie.

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