Psychologie« Les phobies sont une des manifestations de l’anxiété. L’anxiété est un phénomène nécessaire car elle constitue un signal d’alarme devant le danger. Si nous ne ressentons pas d’angoisse devant le feu, nous risquons de nous brûler, si nous ne ressentons pas un peu d’anxiété avant les examens, nous ne pourrons pas nous mobiliser pour les préparer. C’est lorsque l’angoisse devient trop importante par rapport à la situation, qu’elle devient un obstacle. Les sujets anxieux le sont souvent suite à leur évolution dans un environnement insuffisamment sécurisant ou suite à des événements traumatiques.
La phobie est une peur irrationnelle d’une situation, d’un objet. Les personnes qui sont sujets aux phobies savent bien que leur peur est injustifiée mais ne peuvent s’empêcher de ressentir l’angoisse voire la panique. Les mécanismes qui mènent vers la constitution d’une phobie sont complexes et c’est lors d’une psychothérapie que l’on arrive à les reconstruire. On retrouve les manifestations d’anxiété dans l’enfance du sujet. Ainsi, chez certains enfants anxieux, la crainte de la séparation avec la mère peut se manifester par une phobie scolaire ou une phobie du noir. On sait que beaucoup d’enfants présentant une phobie scolaire vont développer une phobie sociale en devenant adulte. »
« Certaines phobies sont très peu handicapantes pour le sujet. Quand on a une phobie de serpent, il est relativement facile d’éviter les situations phobogènes et le besoin de se faire aider n’apparait pas.
Dans d’autres phobies, plus handicapantes, par exemple, lorsque le sujet ne peut se rendre au travail, la peur l’empêchant de prendre les moyens de transport, l’aide est nécessaire car la lutte acharnée et isolée contre sa phobie est trop couteuse sur le plan d’économie psychique. »
« Dans la mesure où une phobie est l’expression d’une anxiété pathologique, vaincre la phobie ne semble pas être une réelle solution. Le sujet pourra prendre le métro qui l’amenait à vivre des moments de panique auparavant. Cela l’aidera peut-être à gagner un peu de confiance en soi. L’anxiété qui sous-tend la phobie ne va pas disparaitre pour autant. Il ne s’agit donc pas de « supprimer » une peur, un symptôme, mais d’arriver à baisser le niveau d’anxiété et de gagner le sentiment de sécurité intérieur sans quoi l’angoisse va trouver une autre expression. »
« Se mettre brutalement face à la situation phobogène peut être traumatisant et aggraver les symptômes. Il existe des techniques cognitivo-comportementales qui apprennent aux sujets souffrant de leurs manifestations d’anxiété à mieux la gérer, en les exposant de manière progressive à des situations angoissantes.
Il est plus difficile de soigner les phobies complexes comme la phobie scolaire ou phobie sociale et la question de ne pas s’exposer à la situation phobogène est infiniment plus délicate lorsqu’il s’agit d’aller ou ne pas aller à l’école. »
« Les plus fréquentes et les plus handicapantes sont les phobies sociales qui empêchent de communiquer, de nouer les relations sociales, de progresser dans la carrière professionnelle. On comprend que les personnes ainsi bloquées demandent de l’aide. On peut en dire autant de l’agoraphobie (phobie de la foule), de la peur des espaces clos qui peuvent être un obstacle important dans la vie : on a peur de prendre l’ascenseur, de monter dans un train, de descendre dans le métro.
Les phobies des animaux sont fréquentes chez des jeunes enfants, souvent persistent au-delà, et se rencontrent notamment chez la femme : peur des araignées (arachnophobie), peur des souris ou des oiseaux. N’ayant pas beaucoup d’impact dans la vie, ces phobies ne conduisent pas forcement au cabinet de psy.
Ce n’est pas tant l’objet de la phobie qui est important mais leur implication dans la vie de la personne souffrant de phobie. »
Et vous, avez-vous des phobies ? Comment les surmontez-vous au quotidien ? N'hésitez pas à partager vos peurs et remèdes dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.







