Comment réussir à vivre heureux avec les autres ?Psychologie

Comment réussir à vivre heureux avec les autres ?

Emeline E.  |   Date de publication : 3 décembre 2013 10:02 / Dernière mise à jour : 6 août 2024 00:27

Partager avec mes amis

- Pourquoi avons-nous besoin des autres pour être heureux, voire pour exister ?

L’homme est un animal sociable. Il ne peut pas vivre seul. Les personnes qui affirment n’être bien que seules souffrent de l’une ou l’autre pathologie. Ou alors elles vivent seules par choix et pour une durée déterminée. C’est le cas, par exemple, lorsque l’on rejoint un ordre religieux contemplatif. Mais même dans ce cadre, on n’est jamais dans l’absolue solitude.

- Lorsque l’on parle des « autres » de qui s’agit-il ?

Il y a des personnes qui sont plus ou moins proches de nous sur le plan relationnel. Je propose d’apprécier chaque relation en fonction de cette distance relationnelle.

Cela nous amène à distinguer :

  • les connaissances : les personnes que l’on croise de temps en temps, avec qui l’on a déjà échangé quelques mots. Par exemple, des collègues, des voisins ;
  • les copains : des personnes avec qui on a un minimum de plaisir à échanger, quand on les croise ; après quelques minutes, la conversation s’épuise. C’est pourquoi ce ne sont que des copains ;
  • les amis : des personnes avec qui l’on fait une activité commune. Le critère principal est qu’on fait exprès de se voir, on se donne la peine de passer du temps ensemble. La relation n’est pas forcément très profonde, mais elle peut l’être ;
  • les Amis : ce sont ceux sur qui l’on peut compter, dans la joie comme dans la peine, et à qui l’on est lié par un soutien affectif mutuel ;
  • le Superproche : c’est le partenaire de vie, le conjoint idéal. C’est un Ami ou une Amie avec qui l’on partage notre vie, à un niveau très profond ; le critère principal est l’engagement affectif : notre bonheur - du moins à court et à moyen terme - dépend en grande partie de cette personne.

- Sommes-nous forcément un jour déçu par les autres ?

Si nos attentes sont trop hautes par rapport à la qualité de relation que nous avons avec une personne, il y a de grandes chances que nous soyons un jour déçu par elle. Mais si nos attentes sont réalistes par rapport à la relation, il y a beaucoup moins de risques d’être déçu. L’idée est que si l’on est clair, en nous-même, que telle personne est un copain, ou un ami avec « petit a », on ne va pas attendre de lui qu’il se comporte en « Ami avec grand A ».

La déception vient du fait que l’on se trompe dans les relations que l’on pense avoir avec telle ou telle personne.

C’est souvent le cas avec la famille. Une fois adultes, ce n’est pas parce que l’on est de la même famille que l’on est forcément des Amis. Exiger de son frère ou de sa sœur qu’il ou elle soit un Ami ou une Amie n’a pas de sens. On ne peut de toute façon l’exiger de personne. Parmi nos deux ou trois Amis « avec A majuscule », il peut y avoir quelqu’un de la famille, mais ce n’est pas obligatoire.

C’est le manque de clarté sur la nature des relations qui provoque la déception.

- Des conseils pour entretenir de bonnes relations avec les autres ?

« La meilleure façon d’avoir des amis, c’est d’en être un ! ». Cette phrase n’est pas de moi. Mon point principal, c’est que les relations, ça s’entretient. Je pense qu’avec d’une part un vrai respect pour les autres et, d’autre part, la notion que l’on a chacun sa part de responsabilité dans les relations, on avance déjà pas mal en direction des relations harmonieuses. J’ajouterai encore la notion d’écoute. Etre véritablement en relation avec quelqu’un, c’est l’écouter.

Il me semble que les personnes qui affirment avoir du mal à être heureuses avec les autres doivent commencer par s’interroger sur elles-mêmes. Réfléchir à leur malaise, trouver d’où il vient. Je vois souvent des personnes qui se plaignent d’être seules. Mais en réalité c’est le célibat qui les rend tristes.
Si notre tissu relationnel comprend un nombre suffisant de copains, d’amis et d’Amis avec un « grand A », on ne doit pas se raconter à soi-même qu’on est « seul ». Je pense que le seul objectif réaliste, c’est d’être un célibataire heureux. Le partenaire de vie, le Superproche, c’est en quelque sorte un cadeau du ciel. Il n’y a rien que nous puissions faire qui nous garantisse d’en avoir un. »

- Dans quels cas une aide psychologique peut nous aider à vivre heureux ?

Lorsque l’on ressent un malaise récurrent, on peut échanger avec un proche. Mais à un moment donné, le soutien du proche - même Ami avec un A majuscule - ne suffit plus. Il faut alors consulter un professionnel. La différence est la même qu’entre demander à un ami bricoleur de faire une petite réparation et à un professionnel de rénover une installation. Un psychothérapeute dispose de sa formation et de son expérience pour cerner les nœuds, aider à comprendre ce qui ne va pas et trouver des pistes pour les dénouer. Son aide va au-delà du soutien affectif qu’offre un Ami ou un Superproche.

Pour vous, que représente l'amitié ? Les "autres" vous rend-ils heureux ? A l'inverse, avez-vous déjà été déçu par une amitié que vous pensiez sincère ? N'hésitez pas à échanger sur ces questions existentielles dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaires.