Avez-vous déjà suivi une thérapie familiale ?Psychologie

Avez-vous déjà suivi une thérapie familiale ?

Emeline E.  |   Date de publication : 29 mai 2013 08:20 / Dernière mise à jour : 3 janvier 2024 06:23

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- Qu’est-ce qu’une thérapie familiale ?

« Ce n’est pas de la psychanalyse, ni du comportementalisme. La famille est considérée comme un système, et c’est par l’observation des interrelations qu’on arrive à cerner le problème. On essaie de faire parler les uns des autres. Parfois, il y a un patient désigné qui amène la famille à consulter mais il n’est pas le véritable problème et son comportement s’améliore rapidement quand la famille est prise en charge. C’est pourquoi les grands-parents peuvent aider, s’ils sont suffisamment ouverts. Cela peut sauver une famille.

Une patiente par exemple vient me voir parce qu’elle ne va pas bien. Elle ne sait pas se positionner par rapport à son fils. Ils viennent ensemble et je découvre qu’elle a de gros soucis avec son père qui a flirté avec l’agression sexuelle. Elle n’a jamais consulté. Ne se sentant pas légitime comme fille, elle ne se sentait pas légitime comme mère. Sa propre mère a accepté de venir et on a réussi ensemble à débloquer les choses. »

- La thérapie sert donc à mieux situer son rôle dans la famille ?

« La thérapie familiale peut aider les parents à se sentir légitimes en tant que parents. Elle peut aussi servir à faire le bilan d’une éducation reçue, et permettre à des parents de devenir des adultes responsables d’eux-mêmes et surtout de leurs enfants. Les grands-parents ont souvent du mal à accepter de venir parler avec leurs enfants, ils ont encore souvent un a priori sur le métier de « psy ».

Il est pourtant important de pouvoir reprocher des choses à ses parents, cela nous aide à prendre une place d’adulte et le thérapeute est là pour aider au dialogue. Aucun parent n’est parfait, mais c’est toujours douloureux pour eux d’entendre les critiques. Il faut accepter, quand on est senior, de ne pas avoir été des parents parfaits. »

- Dans quels cas doit-on s’orienter vers une thérapie familiale ?

« Il y a plusieurs raisons, mais en général l’indication c’est la souffrance, qui peut être liée :

  • à une modification de la famille (naissance, décès, départ à la retraite,

On consulte quand il y a une crise, on vient pour faire le point.

Je propose en priorité la thérapie familiale si tout le monde est prêt. Sinon, je peux rencontrer dans un premier temps un parent et son enfant par exemple, jusqu’à ce que toute la famille soit au complet, parce que je trouve important de rencontrer tout le monde au moins une fois. Les médecins, les psychologues scolaires, ou d’autres intervenants tels que les professeurs ou les sages-femmes, peuvent conseiller de consulter. »

- Comment se déroule une séance ?

« J’ai tendance à dire qu’il faut du temps pour que les gens s’expriment, il faut donc prévoir au minimum une heure pour une séance, au prix de 40 €. C’est plus cher lorsque la famille est nombreuse, et dans ce cas, il est préférable qu’il y ait plusieurs thérapeutes. Mais une séance c’est court, il est fréquent que ça dépasse, parce que la parole met du temps à arriver. Il y a une espèce de pudeur… »

- Comment choisir son thérapeute ?

« Il faut privilégier les thérapeutes qui ont une approche systémique, parce qu’il y a un vrai dialogue. Le thérapeute est dans ce cas un miroir : il observe et renvoie la situation. Introduire un tiers permet de faire des allers-retours et d’instaurer un dialogue. La priorité, c’est aussi bien entendu la confiance. »

Si vous avez déjà eu recours à une thérapie familiale pour régler un problème, n'hésitez pas à témoigner de cette expérience dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.

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