BeautéÀ l’heure où les parisiens sortent du bureau pour se ruer dans le métro, j’ai rendez-vous au Spa Dans le noir, rue Montmartre dans le 2e arrondissement de la capitale. À mon arrivée, Sophia, une esthéticienne malvoyante, se présente à moi et m’invite à la suivre à l’étage. Cinq minutes plus tard, me voilà allongée sur le ventre, entièrement dévêtue… et dans l’obscurité la plus totale.
Un parfum de fleurs embaume la pièce, une musique douce et classique rythme les premiers gestes de Sophia, doux eux aussi. J’ai eu l’occasion de me faire masser à plusieurs reprises, mais je dois avouer que l’effet détente est, ici, immédiat. Pour une fois, le noir rassure, détend et me propulse même dans une bulle de quiétude absolue.
À noter
Dans le noir ? Le Spa, 65 rue Montmartre, 75002 Paris — Tél. 01 83 95 46 77. Du mercredi au samedi de 12h à 20h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h. Modelage sur-mesure, 99 €/heure. Renseignements : www.danslenoir.com
Avec ses doigts de fée, et une huile de saison parfumée, Sophia me masse les mollets, les cuisses, les pieds, puis remonte lentement. D’abord sur le ventre, puis sur le dos, ses mains expertes parcourent tout mon corps, des pieds à la nuque.
Dans un état de léthargie, les paupières lourdes et l’esprit léger, je lâche prise. Le bonheur est tel que je perds la notion du temps.
Sophia sculpte ma silhouette, tâte, palpe, modèle chaque partie de mon corps avec une dextérité hors du commun et une attention toute particulière, selon ses perceptions et son ressenti. Parfois j’entrouvre les yeux - comme pour vérifier que je suis bien éveillée — et réalise que je suis toujours dans le noir complet. Drôle de sensation. Je referme alors les yeux et replonge immédiatement dans ce monde de douceurs et de caresses.
Dans le noir, mon corps n’a plus ni forme, ni contours, ni défauts ; il semble plus léger. D’abord floues, les notions de pudeur et de complexes s’évaporent jusqu’à disparaître. Les bienfaits sont évidents, et surtout immédiats. Cette formule miracle n’est autre que le modelage sur-mesure.
Au bout d’une heure, les premiers mots de Sophia sonnent le glas : « voilà, c’est fini. J’espère que ça vous a plu ». Et comment ! Je lutte pour lui répondre… Une faible lumière tamisée m’extirpe de ma torpeur… Je me rhabille, sors de la pièce comme un zombie… Mon corps flotte… Je rentre chez moi en apesanteur, convaincue que la relaxation a des vertus thérapeutiques.

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