TravailBérengère Poletti, députée UMP des Ardennes à l’origine de ce rapport, note que les contrôles de l’assurance maladie ne sont pas assez efficaces. Ils « s’avèrent peu sélectifs et ne jouent pas forcément leur rôle de dissuasion. »
Résultat, le nombre d’arrêts de travail est passé de 180 millions en 2000 à 204 millions en 2011. Liés à une maladie et couverts par la Sécurité sociale, ils représentent un coût important pour notre caisse. Alors que les indemnités journalières accordées aux salariés étaient de 4,3 milliards d’euros en 2000, elles sont passées à 6,3 milliards en 2011, soit une augmentation de 46,5 %.
Si les prescriptions inférieures à 30 jours constituent plus des trois quarts des arrêts maladie, ce sont les arrêts de travail longs, d’une durée supérieure à 6 mois, en augmentation constante, qui concentrent à eux seuls 40 % des dépenses.
Un salarié absent représente non seulement une charge de travail plus conséquente pour ses collègues mais également du stress, de la fatigue et un nouveau risque d’arrêt de travail, etc. Le Bureau international du travail estime que l’absentéisme dû au stress, a coûté près de 400 millions d’euros pour les entreprises en 2000.
À noter
Pour remédier à cette hausse constante des arrêts de travail, le rapport préconise de renforcer les contrôles, notamment ceux de plus de 7 jours, et de "généraliser le contrôle par l’assurance-maladie" des agents de la fonction publique.
L’un des principaux facteurs de la hausse du nombre d’arrêts maladie : le vieillissement de la population active et l’allongement de la vie professionnelle. Les salariés de plus de 50 ans sont en moyenne davantage arrêtés que leurs collègues juniors, et de plus en plus longtemps. Pour preuve, la durée des absences est 3,5 fois plus élevée pour les salariés de plus de 60 ans que pour ceux de 30 ans.
On peut ajouter d’autres causes à ce constat :
Pour autant, les salariés ne sont pas tous égaux face aux arrêts de travail. Dans les grands groupes par exemple, le taux d’absence lié à un arrêt maladie est moins élevé que dans les petites et moyennes entreprises. Il est aussi, avec 10 jours, moins important dans le secteur du bâtiment et des travaux publics que dans celui des services (12 jours), de l’industrie (13 jours) ou encore dans celui des transports (18,5 jours). C’est dans le domaine de la santé que le taux d’absence lié à un arrêt maladie est, avec 24 jours, le plus important.
La catégorie socio-professionnelle joue aussi un rôle important, puisque les cadres s’arrêtent 5,5 jours pour maladie en moyenne, contre 17,5 jours pour les ouvriers. Les travailleurs agricoles eux, sont peu en arrêt maladie.
Et vous, pensez-vous que le monde du travail souffre ? Comprenez-vous que les salariés n'arrivent plus à tenir la cadence ? Même si les arrêts maladie explosent, trouvez-vous que la solution soit de généraliser et renforcer les contrôles pour les arrêts de plus de 7 jours ? N'hésitez pas à donner votre avis sur ces questions dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.








