AssurancesLa SMENO, ou Société Mutualiste des Étudiants du Nord-Ouest, est une institution qui a su s’adapter et évoluer au fil des décennies. Fondée en 1972, cette mutuelle étudiante a traversé de nombreux changements dans le paysage de la protection sociale en France.
D’abord acteur majeur du régime étudiant de sécurité sociale, la SMENO a dû se réinventer face à la réforme de 2019 qui a profondément modifié le système. Aujourd’hui, elle se positionne comme une mutuelle innovante, offrant des services diversifiés qui s’étendent au-delà de son public étudiant initial. Son histoire et son évolution récente illustrent la capacité d’adaptation d’une organisation face aux mutations du secteur de l’assurance et de la protection sociale.
Le système des mutuelles étudiantes en France a connu son apogée pendant plusieurs décennies. Il offrait aux étudiants une protection sociale adaptée à leurs besoins spécifiques. C’était idéal pour assurer vos petits enfants !
Le régime étudiant de sécurité sociale voit le jour en septembre 1948. Il résulte d’une volonté politique d’offrir aux étudiants une couverture santé gérée par leurs pairs. L’initiative novatrice s’inscrit dans le prolongement de la création de la Sécurité sociale française en 1945. La même année, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) fonde la Mutuelle Nationale des Étudiants de France (MNEF), première mutuelle étudiante chargée de gérer le nouveau régime.
Le système unique repose sur le principe que l’étudiant est un « jeune travailleur intellectuel ». Il a donc droit à une prévoyance sociale particulière, comme l’affirme la Charte de Grenoble rédigée par les étudiants en 1946. La loi consacre la gestion du régime par les étudiants eux-mêmes, avec une délégation de service public accordée à la MNEF pour l’ensemble du territoire, à l’exception de la Lorraine où l’AGE de Nancy crée la MGEL.
Le financement du régime délégué est assuré principalement par les autres régimes de l’assurance maladie. La contribution des étudiants, initialement symbolique, a progressé au fil du temps. Pour couvrir les frais administratifs, la MNEF reçoit une « remise de gestion » pour chaque étudiant assuré. Elle est versée par l’assurance-maladie, en plus des cotisations mutualistes de ses adhérents.
Dans le contexte de régionalisation des mutuelles étudiantes, la SMENO (Société Mutualiste des Étudiants du Nord-Ouest) fait son apparition en 1972. Elle s’inscrit dans un mouvement qui vise à offrir un service de proximité aux étudiants. Implantée dans le Nord-Ouest de la France, la SMENO devient rapidement un acteur incontournable de la protection sociale étudiante dans la région.
La SMENO, comme les autres mutuelles régionales, propose à ses affiliés des garanties complémentaires en plus de la gestion du régime obligatoire. Elle développe une expertise spécifique dans la prise en charge des besoins des étudiants. Elle tient compte de leurs particularités et de leurs contraintes financières.
Au fil des années, la SMENO élargit son offre pour répondre aux évolutions des besoins des étudiants. Elle propose non seulement une mutuelle santé, mais aussi d’autres produits d’assurances comme l’assurance habitation, l’assurance ski, l’assurance mobilité électrique et l’assurance scolaire. La diversification lui permet de s’adapter aux différentes facettes de la vie étudiante. Elle renforce ainsi sa position d’acteur de référence dans le domaine de la protection sociale des jeunes.
Chaque rentrée universitaire était marquée par le rituel de l’inscription à la sécurité sociale étudiante. Les étudiants devaient choisir leur mutuelle, généralement entre la LMDE au niveau national et une mutuelle régionale comme la SMENO. Le moment cristallisait les enjeux de la protection sociale étudiante, entre choix personnels et considérations pratiques.
Le processus d’affiliation annuelle était une étape importante dans la vie des étudiants. Il impliquait non seulement le choix d’une mutuelle, mais aussi le paiement d’une cotisation. La démarche administrative, bien que parfois perçue comme contraignante, permettait aux étudiants de prendre conscience de l’importance de leur couverture santé. Ils s’appropriaient ainsi leur statut d’assuré social.
Les mutuelles étudiantes, dont la SMENO, déployaient d’importants efforts de communication et de marketing pour attirer les nouveaux inscrits. Elles mettaient en avant leurs spécificités, leurs services et leurs avantages pour se démarquer de la concurrence. La période était cruciale pour les mutuelles, car elle déterminait en grande partie leur portefeuille d’adhérents pour l’année à venir.
Le système, bien que critiqué pour son coût de gestion et la complexité des démarches, a perduré pendant plusieurs décennies. Il a permis aux mutuelles étudiantes de développer une expertise unique dans la prise en charge des besoins spécifiques des jeunes en matière de santé et de prévention. Le ballet annuel des inscriptions était ainsi devenu un élément caractéristique de la vie étudiante en France. Il symbolisait à la fois l’autonomie croissante des jeunes et leur intégration dans le système de protection sociale.
L’année 2019 marque un tournant décisif dans l’histoire des mutuelles étudiantes. Une réforme profonde vient bouleverser un système vieux de 70 ans.
Le 1er septembre 2019 signe l’arrêt définitif du régime étudiant de sécurité sociale. La décision, prise dans le cadre de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, vise à simplifier les démarches administratives et à réduire les coûts de gestion. La cotisation annuelle de 217 euros est supprimée, ce qui allège le budget des étudiants.
La réforme met fin à un système qui avait perduré pendant plus de sept décennies. Les mutuelles étudiantes, qui géraient jusqu’alors le régime obligatoire de sécurité sociale pour les étudiants, perdent ainsi une part importante de leur activité. La SMENO, comme les autres mutuelles étudiantes, doit alors repenser son modèle économique et son positionnement sur le marché de l’assurance santé.
La suppression du régime étudiant de sécurité sociale s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation et de simplification du système de protection sociale. Elle vise également à répondre aux critiques formulées à l’encontre du système précédent, notamment en termes d’efficacité et de coût.
Avec la réforme, tous les étudiants sont désormais automatiquement rattachés au régime général de l’Assurance Maladie. Le changement s’opère sans démarche de leur part, ce qui simplifie considérablement le processus. Les mutuelles étudiantes, dont la SMENO, perdent ainsi leur rôle de gestionnaires du régime obligatoire.
Concrètement, les étudiants qui s’inscrivent pour la première fois dans l’enseignement supérieur restent affiliés à leur régime actuel de protection sociale, généralement celui de leurs parents. Pour ceux qui étaient déjà rattachés à une mutuelle étudiante, le transfert vers le régime général s’effectue automatiquement, sans qu’ils aient de démarches à effectuer.
L’automatisation du rattachement vise à faciliter l’accès aux soins pour les étudiants et à réduire le risque de non-couverture. Elle s’accompagne d’une campagne d’information pour guider les étudiants dans la transition et les informer de leurs droits. Les étudiants sont encouragés à mettre à jour leurs informations personnelles sur le site ameli.fr et à ouvrir leur compte personnel pour faciliter la gestion de leurs remboursements.
La SMENO, comme les autres mutuelles étudiantes, doit alors se repositionner sur le marché des complémentaires santé et des services aux étudiants. Elle continue à proposer des offres adaptées aux besoins spécifiques des jeunes. Elle développe de nouveaux services pour rester pertinente dans le nouveau paysage de la protection sociale étudiante.
Face aux bouleversements du système de protection sociale étudiante, la SMENO a su faire preuve d’adaptabilité pour continuer à répondre aux besoins spécifiques des étudiants.
La SMENO a élargi son offre au-delà de la simple complémentaire santé. Elle propose désormais une gamme complète de produits d’assurance adaptés à la vie étudiante : assurance habitation, responsabilité civile, assurance voyage. La diversification lui permet de rester un acteur pertinent dans l’écosystème étudiant.
La mutuelle propose actuellement 4 formules santé adaptées à chaque parcours de soins des étudiants : Mut M (l’essentielle), Mut L (l’équilibrée), Mut XL (la confortable) et La Perf' (contrat hospitalisation). Les tarifs des formules varient de 14,34 € à 42,96 € par mois. Chaque étudiant peut ainsi trouver une couverture adaptée à son budget et à ses besoins.
En plus des formules de base, la SMENO offre la possibilité de souscrire à des options complémentaires comme le renfort optique et dentaire, le renfort hospitalisation, ou encore le Pack santé qui inclut un forfait pour l’automédication et les médecines douces. L’approche modulaire permet une personnalisation poussée de la couverture santé.
La SMENO se distingue aussi par son offre d’assurances complémentaires spécifiquement conçues pour les étudiants. Par exemple, elle propose une assurance responsabilité civile pour les stages à seulement 12,5 € par an, ainsi qu’un pack assurance qui couvre l’ordinateur et l’assistance stage pour 20 € par an.

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