Fête des grands-mères : vos plus belles histoiresActualités

Fête des grands-mères : vos plus belles histoires

Emeline E.  |   Date de publication : 30 avril 2018 13:06 / Dernière mise à jour : 1 janvier 2026 18:37

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Voici cinq récits livrés par des Quintoniciennes et Quintoniciens, à l'occasion de la Fête des Grands-Mères. Merci à toutes et tous pour vos participations et pour ces souvenirs précieux que nous avons pris plaisir à lire. 
Les cinq souvenirs de famille retranscrits ci-dessous permettent à leurs auteurs de gagner un mois d'abonnement à Quintonic !

Carmenlustucru - Groupe de Paris

"Quand j'étais petite, l'une de mes deux grand-mères était à proximité mais l'autre, dans l'est de la France, alors que nous étions à l'ouest (far ouest 😁). Donc, aller chez les grands parents, c'était un peu l'épopée. Au début en train, plus tard avec la Simca 1000 !
Je me souviens des maisons identiques alignées avec leur petit jardin, comme dans les villes minières du Nord. Ma grand-mère avait fait provision de chocolat belge et nous avait préparé de la cancoillotte. Je n'ai jamais retrouvé ce goût depuis…
Le soir, du perron on regardait les lumières dans le ciel. "C'est le Bessemer qui crache" disait ma grand-mère. C'était le travail de mon grand-père, c'étaient les aciéries de Lorraine, aujourd'hui, tout a disparu…"

Florence - Groupe de Bordeaux

"Je n'ai bien connu qu'une grand-mère, fermière à 15 km de Paris elle vendais des poules des œufs et des légumes sur sont pas de porte . Très autoritaire avec sa mèche blanche sur sa chevelure encore bien brune qui lui donnais des allures de grande dame , j'ai hérité de cette mèche ainsi que mon fils.
Je crois avoir appris le gout et le respect de la terre grâce à elle."

Nicole - Groupe de Grenoble

"J'ai peu de souvenirs avec mes grands mères, toutes deux ont disparu alors que je n'avais que quelques années.
Je me souviens cependant que ma grand mère paternelle, avec qui nous vivions, ne criait jamais, ne nous punissait jamais. Mais chaque fois que nous faisions une bêtise mes frères ou mes cousins, elle nous pinçait. Je peux vous dire que la bêtise nous ne la refaisons pas !
Pendant les vacances d'été, bien sûr comme tous nous jouions avec les copains, mais nous avions tous l'obligation de travailler notre Français et notre calcul. Gare à celui qui ne se pliait pas à cette activité.
Mon souvenir le plus marquant avec elle est le suivant. Je n'avais pas encore 8ans. J'étais allée et ma plus jeune tante qui avait 20ans à l'époque au cinéma. Je me souviens du titre du film, il parlait d'un monsieur qui arrivait dans une ville où il faisait très froid. Il y avait beaucoup de neige et sur la place principale, la neige et la glace recouvraient tout. À l'époque, je me demandai comment on pouvait vivre dans un endroit pareil, moi qui ne connaissais que la chaleur de mon pays natal, la Tunisie.
Si j'avais su que quelques mois plus tard je quitterai mon soleil et ma chaleur pour me retrouver dans cette même ville. Le film s'appelle "le pays d'où je viens" et l'acteur principal s'appelle Gibert Bécaud.

Franz - Groupe de Limoges

"Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans etc,,, etc,,, (air connu).
En ces années de ma verte adolescence, donc, j'étais interne (pensionnaire en langage de l'époque) dans un lycée réputé d'une grande ville limousine. Mes parents, petits paysans, ne roulaient pas sur l'or – c'est un euphémisme : tout était compté et chaque centime roulait longuement entre les doigts avant d'être investi dans une dépense qui avait de toute façon déjà fait l'objet de mûres réflexions et d'âpres discussions, Chaque manuel scolaire était, après un marchandage de maquignon, acheté d'occasion puis soigneusement enveloppé d'une double couche de papier d'emballage.
Chaque vêtement était rapiécé, raccommodé, rapetassé jusqu'à ce que la trame s'en effiloche, Et nous autres internes, souvent rejetons de familles rurales, venant de tous les coins de la province limousine, nous nous reconnaissions à notre mise « baroque » que, par suprême élégance – nous semblait-il – et surtout par défi (les externes nous manifestaient volontiers leur mépris de fils de riches de la cité porcelainière) nous agrémentions d'estafilades béantes pour en accentuer l'aspect improbable...
Pour ma part, je retrouvais aux vacances de Noël, de Pâques et d'été la ferme familiale : m'attendaient là les divers travaux agricoles saisonniers auxquels, bon gré, mal gré, je devais participer même si je ne manquais jamais de manifester mon peu d'appétence pour cette sorte d'activité physique. Le statut nouveau d'intellectuel que - selon moi - me conférait la fréquentation du lycée ne semblait pas impressionné outre-mesure mon entourage; on se gaussait même en termes peu littéraires de mon penchant pour les livres et trouvait ridicule ma propension à émailler toute mes conversations de citations latines...
Mais il y avait le football, ou, plus exactement le « fote-balle », découvert au lycée, encore peu connu sous nos latitudes reculées, et auquel - néo-converti que j'étais - j'avais initié avec la fougue des zélotes et des missionnaires les garnements de ma commune ; leurs résultats scolaires les avaient «privés» de l'»examen de passage en sixième» que -moi- j'avais réussi avec plus ou moins de brio. J'avais persuadé, par je ne sais plus quelle compromission, ma pauvre mère de m'acheter, lors d'une de ses rares visites à la grande ville, le ballon nécessaire et tant convoité, Monter deux équipes et expliquer les règles du noble sport ne fut pas précisément un jeu d'enfant, chacun y allant de sa conception d'un sport à peine entrevu sur l'écran scintillant d'une télévision encore confidentielle à l'époque dans nos campagnes. 
Affranchis de notre dette quotidienne de travaux agrestes, nous passions nos soirée d'été à de sauvages affrontements dont un amateur éclairé, s'il en avait déploré la technique, aurait apprécié l'engagement physique. Mon père, voulant certainement encourager les velléités sportives d'un fils qui avait jusqu'alors montré peu de dispositions en ce sens, nous avait dévolu un terrain, un pré jouxtant la ferme familiale, qui présentait une déclivité certaine et était bossué de multiples taupinières que nous avions renoncé au fil du temps à niveler.
Le temps des vacances était consacré aussi à la remise en état, raccommodage, ravaudage des vêtements malmenés en période scolaire : c'était là la tâche de ma grand-mère, une vieille paysanne née en l'an ultime du XIXème siècle, veuve depuis de longues années déjà, toujours vêtue de noir, avare de mots et de gestes, qu'une vie de travail et d'épreuves n'avait pas aigrie pourtant et dont les rides s'éclairaient souvent d'un sourire enfantin et naïf...
Ce jour-là, elle voulait remettre un élastique à un antique – pardonnez-moi ce détail trivial – caleçon encore portable selon les critères de l'époque et du lieu. Elle m'avait depuis le matin prié avec insistance de lui permettre de mesurer mon tour de taille, Pour une raison quelconque, je n'avais trouvé ni le temps ni le goût de me prêter à la prise de mesure requise : sans doute la crainte du regard moqueur des quelques copains qui m'entouraient ce jour-là. 
Vers le soir, nous retrouvâmes quelques autres mauvais sujets dans le pré voisin pour en découdre et venger une défaite amère et injuste d'un jour précédent, Partie acharnée sous le soleil encore ardent, charges impétueuses, courses échevelées, tibias écorchés, insultes, hurlements, mauvaise foi patente de part et d'autre, rien que de très normal. Profitant d'un rare moment d'accalmie (le ballon s'étant retrouvé dans une mare proche), je me rapprochais de la ligne de touche pour me rafraîchir d'une gorgée d'eau, Je récupérais des efforts fournis lorsque soudain je sentis autour de ma taille la contriction d'un lien frais sur ma peau échauffée. Et perçu dans un même temps l'énorme éclat de rire mes co-joueurs. Ma grand-mère, lasse d'attendre mon bon vouloir, avait guetté à l'ombre de la haie proche une accalmie dans le jeu et avait saisi l'occasion du ballon absent pour m'attraper au lasso de son centimètre de toile cirée,,, Le tableau était si cocasse, mon air si ébahi, penaud aussi, mes amis si incrédules d'abord, si hilares ensuite que le match s'interrompit : une ovation salua le demi-tour triomphant de ma grand-mère qui regagna tête haute sa couture un moment délaissée.
Ma grand-mère n'est plus depuis longtemps. Les rangs des copains footballeurs se sont éclaircis et je lis sur les traits de ceux qui restent les ravages des ans que le temps creuse aussi sur mon visage.... Mais souvent, au détour d'un souvenir, fulgurent les yeux pétillants de malice de ma grand- mère, m'éblouis son sourire, me bouleverse l'amour qu'elle me portait...

Caroline - Groupe de Toulouse

"Venant déjeuner chez ma fille, mon petit fils de 5ans 1/2 me tend le plat en me disant " Comme tu es invitée tu te sers en premier, car l'on sert d'abord les invités, puis les personnes âgées, ensuite les enfants et la personne qui reçoit". Et me disant ainsi " Puisque tu es invitée et vieille c'est toi en premier!!! "
Heu, j'ai juste à peine plus de 60!!! Et sa maman (ma fille) lui dit qu'en effet, on ne dit pas aux personnes qu'elles sont vieilles ! Et lui de répondre " Ni qu'elles sont grosse même si c'est vrai, car ce n'est pas de leur faute! ". Voilà c'est dit simplement avec gentillesse voir compassion et...une bouille particulièrement attendrissante!

Encore bravo et merci à toutes et tous !

 

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