Voyage en FranceLa ville de Chambéry a toujours su conserver son cachet d’aristocrate. Elle cultive son passé avec panache mais sans esbroufe. C’est là que se trouve le vrai souffle de la Savoie.
À l’époque où Chambéry en était la capitale et appartenait à l’Italie, elle a vu défiler la Cour Piémontaise qui y prenait ses quartiers d’été. Ses nombreux hôtels particuliers, très bien rénovés, témoignent avec faste de sa splendeur passée et ce, en dépit d’un bombardement en 1944 par les Américains. Alors qu’ils visaient la gare, ces derniers ont malencontreusement rasé une partie du centre-ville. Malgré cela, le cœur piétonnier a été épargné et fait chaque jour le bonheur des visiteurs…
Une fois les façades des constructions du XVIIIe rénovées, Chambéry a retrouvé la douceur de ses couleurs d’origine. Le vert, rouge, rose, gris, bleu, jaune offrent une seconde jeunesse à ces rues qui vous mènent immanquablement au château des ducs de Savoie. Mais c’est au Général de Boigne, célèbre pour ses victoires aux Indes et son retour au pays couvert d’or et de gloire, qu’elle doit quelques fleurons comme l’Hospice St Benoît devenu aujourd’hui une maison de retraite, et plusieurs écoles.
Au XIXe siècle, les Chambériens reconnaissants lui érigent un monument exotique surnommé « la fontaine aux quatre sans culs » en référence à quatre éléphants reliés par la croupe et dont on ne voit que l’avant du corps. Vous pourrez le contempler au bout de la très jolie rue de Boigne, après une escale sucrée au « Fidèle Berger », un excellent pâtissier chocolatier qui rappelle que la truffe en chocolat est née à Chambéry.
Cette rue bordée d’arcades comme à Turin débouche sur la place St Léger, qui évoque la place Navone à Rome. De là, s’échappe une kyrielle de ruelles bordées de belles demeures privées qui portent toutes les plaques et les noms des aristocrates chambériens. Mais aussi de petites auberges qui régalent d’une cuisine aux accents italiens arrosée de vins de Savoie qui fêtent en 2013 les 40 ans de leur AOC.
Réputée pour son université, qui reste un conservatoire de la langue italienne et où interviennent des noms aussi célèbres qu’Umberto Ecco, Chambéry s’enorgueillit aussi de son théâtre XVIIIe siècle, Charles Dullin. Le théâtre de Chambéry appartient au style rococo. De nombreux spectacles s’y produisent. Mais un des attraits les plus séduisants de Chambéry est sans conteste les « Charmettes », la villa qui abrita les amours de Jean-Jacques Rousseau et de Mme de Warens, à 3 kilomètres du centre. Comme le décrit Jean-Jacques Rousseau, on aime être près de la ville sans la sentir en rien. Cet écrin de simplicité, converti en musée va être rénové et agrandi.
Emboitez le pas aux Chambériens pour une magnifique randonnée en montagne jusqu’à la croix du Nivolet qui surplombe le lac du Bourget. Le plus grand lac naturel de France envahissait jadis les rues de la ville, aujourd’hui ses canaux ont été asséchés. Et ne négligez pas celui d’Aiguebelette. Niché aux pieds des falaises, c’est le plus petit, le plus secret, le plus sauvage et baptisé à bon escient « la perle d’émeraude ».

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