TonusÀ noter
Preuve du succès actuel de la biodanza, les cours de Carole Rivière sont toujours pleins ! Elle refuse même du monde… à l’exception des hommes. « Il y a un tiers d’hommes dans mes cours, du coup je fais de la discrimination positive : quand un homme veut participer, je dis toujours oui », dit-elle en rigolant.
« Rolando Toro, créateur de la biodanza dans les années 1960, était anthropologue et a enseigné à la faculté de médecine de Santiago du Chili. La biodanza s’est répandue en Amérique du Sud avant d’arriver en Europe, en Italie précisément, en 1986-87. Aujourd’hui elle est très populaire, on compte plus de dix écoles en France.
La biodanza n’est pas un sport, bien que le mouvement et le corps entrent en compte. Ce n’est pas non plus de l’ordre du spirituel, même si ce n’est pas anodin. C’est assez difficile à expliquer et je conseille aux gens de venir danser au moins une fois pour comprendre.
Le préfixe « bio » signifie « vie ». C’est donc littéralement la « danse de la vie ». Une danse qui relève du mouvement sans que l’on ait à apprendre des pas. Les mouvements émanent de nous, de ce que l’on est et de ce que l’on ressent. La biodanza permet de s’exprimer librement, en connexion avec ce que l’on ressent. »
« L’objectif est de lâcher prise, de libérer ses retenues et de s’exprimer librement. La musique est l’outil primordial, elle guide nos mouvements…
Être bien dans son corps, s’exprimer tel que l’on est. On n’est plus dans le paraître mais dans l’être, on n’est pas là pour plaire. Le groupe, la musique, les consignes du « facilitateur » (l’enseignant) sont autant de moyens pour parvenir à lâcher prise. »
Bon à savoir
Pharmacien de formation, psychologue et psychothérapeute, Carole fait également partie d’une école de formation en Bourgogne.
« Sur tous types de musique ! Elles sont choisies en fonction des exercices proposés et des émotions que l’on veut créer. Si l’on veut une libération du mouvement et se lâcher, on met une musique vive, brésilienne ou rock. En revanche si l’on veut des émotions intimistes, on met une musique plus douce.
Il y a aussi la notion de groupe. On danse seul, certes, mais aussi en groupe, ou à deux. On fait des rondes, on se retrouve les uns en face des autres, mains dans les mains, et on se synchronise sur une musique jazz, brésilienne ou sud-américaine.
En Occident on pense, on réfléchit beaucoup, on est dans le mental. La biodanza aide à se concentrer sur le corps, à lâcher les pensées pour être dans la sensation, « l’ici et maintenant ».
En tant que « facilitateur », je propose des consignes, puis je fais une démonstration et donne une orientation. Mais je ne suis pas professeur. La consigne est libre, pour ne pas sans cesse reproduire les mêmes mouvements. On cherche à élargir les possibles.
« À tout le monde ! Il y a des cours pour enfants, et on peut danser jusqu’à 80 ans. C’est une discipline respectueuse : on est accueilli pour ce que l’on est, tel que l’on est.
Pour ces raisons, la biodanza plaît de nos jours. Au-delà du simple développement de soi, c’est une manière de tisser du lien avec soi et avec les autres. Avec la crise et la morosité ambiante il y a une prise de conscience : les gens sont en quête de valeurs plus humanistes (respect, lien) et plus seulement dans le virtuel. Se regarder, se toucher, danser ensemble, se respecter, voilà l’esprit de la biodanza. »

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