PsychologieNous avions tout pour être heureux. Notre fille a une bonne situation, nos revenus sont confortables, nous avons des amis… Mais voilà. Il y a quelques années, Annie a grossi. Cette prise de poids avait pour origine un problème à la thyroïde. C’est là que tout a commencé alors que ma femme jusqu’ici n’avait jamais été dépressive.
Annie n’avait plus envie d’aller au restaurant, d’inviter des amis… Elle si coquette, n’accordait plus aucun soin à elle-même. Avec la prise de poids, elle ne pouvait plus porter ses vêtements d’avant et n’avait pas envie d’aller faire les boutiques. Elle se plaignait du mal au dos, de douleurs diverses. Les choses sont allées très progressivement.
Mais au bout de plusieurs mois, Annie ne sortait plus guère de la maison. Ses journées s’écoulaient sans qu’elle fasse quelque chose de précis. Plus rien ne l’intéressait. Elle ne voyait plus ses amis, ne lisait plus. Elle ne faisait plus la cuisine alors qu’auparavant elle adorait ça. Nous avons tout de même passé quelques jours agréables chez notre fille. Là, elle semblait un peu plus détendue.
De mon côté, je poursuivais mes activités et notamment mes sorties à vélo avec mon club sportif et mes réunions au club d’astronomie. Je me suis également plus investi dans les travaux ménagers, les courses… car Annie ne prenait plus rien en charge.
Pendant toute cette période, je suis passé par toute sorte de sentiments : de la patience et de l’empathie à l’exaspération. Tant que le médecin n’a pas posé le diagnostic de la dépression, j’ai malheureusement analysé l’attitude de ma femme comme du « laissé aller », de la faiblesse. Je n’ai donc pas toujours bien réagi et mes agacements n’arrangeaient rien.
Après cette phase de repli sur soi, de grande tristesse, Annie s’est montrée agressive et jalouse. Le quotidien est devenu invivable : la suspicion, les questions qui revenaient en boucle dès que je rentrais à la maison (avec qui j’étais, où…), les insomnies…
Annie a dû être hospitalisée dans un hôpital psychiatrique durant 15 jours, le temps de mettre en place un traitement. Elle est aujourd’hui rentrée à la maison. Elle est suivie par un médecin psychiatre et est toujours en traitement. Elle va beaucoup mieux. Nous avons réorganisé notre quotidien. Nous faisons trois fois par semaine une grande promenade à la campagne tous les deux et voyons nos amis au moins une fois par semaine. Nous faisons, à nouveau, des projets. Nos prochaines vacances seront espagnoles : direction l’Andalousie.
Et vous, avez-vous déjà connu la dépression au sein de votre couple ou parmi vos amis proches ? N'hésitez pas à partager votre témoignage dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.

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