Comprendre le deuil pour mieux le traverserPsychologie

Comprendre le deuil pour mieux le traverser

Emeline E.  |   Date de publication : 30 septembre 2013 12:28 / Dernière mise à jour : 27 septembre 2023 07:22

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- Quelles sont les principales étapes du deuil ?

« C’est une question à laquelle il est difficile de répondre en quelques lignes.

Je distingue 4 étapes principales :

  • d’abord le choc, car la mort est brutale et rompt soudainement le lien que l’on avait avec une personne. On ne s’attend jamais vraiment à perdre quelqu’un ;
  • ensuite, a lieu ce que j’appelle la « phase de fuite et de recherche ». On essaye de fuir la réalité, de noyer sa souffrance. En parallèle, on tente de conserver le lien avec la personne décédée et de la célébrer en regardant des photos, en parlant d’elle, comme pour annuler sa disparition. Cette étape peut prendre entre 6 et 10 mois, selon les cas ;
  • au bout d’un moment surgit la 3e phase, où l’on prend conscience que l’être perdu est définitivement parti. On parle de « phase de déstructuration ». La douleur semble pire, l’impression de faire marche arrière est vive, mais c’est en réalité une étape normale et constructive ;
  • enfin vient la « phase de restructuration » où la cicatrisation commence à opérer. L’idée d’une autre forme de relation plus intime avec la personne décédée fait jour. Vous réalisez que vous ne la verrez certes plus, mais qu’elle sera toujours dans votre souvenir et votre cœur. L’apaisement ne signifie pas l’oubli. »

- Est-il nécessaire de se faire accompagner pendant un deuil par un professionnel ?

« Non, il n’est pas nécessaire de se faire accompagner par des professionnels. Le premier réseau de soutien de qualité reste celui des proches, de la famille et des amis, voire même des collègues. C’est eux qui assurent l’accompagnement en premier lieu. Le médecin généraliste peut aussi assurer le soutien, en prenant en charge les symptômes somatiques du deuil et son impact sur le physique.
Viennent ensuite le soutien dans les cultes, auprès des représentants de sa religion ou celui apporté par les associations et les groupes de paroles.
L’intervention du psychologue est nécessaire dans le cadre d’un deuil compliqué, comme le deuil après un suicide où il est important d’accompagner la personne qui a découvert le corps… Quand le deuil est traumatique, il est utile d’aller voir un spécialiste. »

- Est-il simple aujourd’hui de vivre son deuil ou le sujet est-il encore tabou ?

« Il est toujours difficile et surtout aujourd’hui de parler de son deuil. La société occidentale laisse très peu d’espace à la parole. Les non-dits, la peur de parler de « ces choses » sont toujours présents. Il est difficile d’évoquer ce processus d’intime solitude. Tout dépend aussi du mode d’expression de sa culture. Mais les aides ne sont pas nombreuses. »

- La perte d’un proche entraîne souvent un processus d’isolement. Avez-vous des conseils pour éviter un trop grand repli sur soi ?

« La perte d’un proche entraîne nécessairement le repli, le retrait. Pour traverser un deuil, il faut trouver l’équilibre entre l’isolement et la vie sociale, savoir être seul et avec les autres, s’octroyer des moments de solitude et des moments à plusieurs. Tout est dans cet équilibre. Aux proches de réagir s’ils constatent un trop grand isolement, aux proches d’encourager la personne endeuillée, de chercher du soutien auprès des associations, des lignes téléphoniques, des forums, des groupes de paroles, proposés par la Fédération « Vivre son deuil » ou l’association « Apprivoiser l’absence ».

- Vous parlez de forums, quel rôle joue Internet dans l’accompagnement ?

« Internet a changé la façon d’aborder le deuil, c’est un phénomène très nouveau. La qualité des échanges sur les forums est vérifiée : l’accompagnement est efficace, le soutien est de qualité, l’aide est omniprésente avec des échanges 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, par rapport aux groupes de paroles qui proposent des réunions une fois tous les 15 jours. On s’ouvre plus facilement, les commémorations sont simples… C’est un accompagnement qui reste sain. »

Et vous, comment avez-vous vécu le deuil d'un être proche ? Pensez-vous qu'il faille nécessairement se faire aider par un professionnel ? N'hésitez pas à témoigner dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.

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