Zoom sur un métier : directrice de maison de retraiteTravail

Zoom sur un métier : directrice de maison de retraite

Emeline E.  |   Date de publication : 2 décembre 2013 09:54 / Dernière mise à jour : 2 mars 2020 16:25

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Rares sont les directeurs de maison de retraite qui ont un parcours rectiligne

« Je me suis d’abord lancée dans un DUT diététique. Mais ce n’était pas pour moi ! J’ai donc décidé de reprendre mes études et ai suivi un DUT finance et comptabilité, puis un DESS contrôle et gestion. Le DESS correspond aujourd’hui à un niveau master. J’ai effectué mon stage de fin d’études dans un groupe de santé où j’ai développé une expérience en contrôle et gestion. J’ai validé des diplômes de comptabilité en parallèle, puis, en 2006, j’ai quitté ce groupe et suis devenue directrice de maison de retraite.

J’avais une soif de responsabilités mais pas particulièrement d’attrait pour les personnes âgées. Ce qui m’a aidée pour décrocher ce poste est mon expérience en gestion et paramédical. Je savais comment fonctionne une clinique, je connaissais le vocabulaire et les différentes professions. »

Directrice de maison de retraite, un métier épanouissant

« Les aspects positifs du métier de directeur ou directrice de maison de retraite sont nombreux. Il y a la polyvalence du poste notamment. On touche à tout : gestion, comptabilité, droit du travail, droit administratif, encadrement et management du personnel, supervision des repas. Le tout dans une démarche d’amélioration continue de la vie du résident. Ce qu’on fait, c’est toujours pour le résident. C’est un métier valorisant, enrichissant et plutôt connu. Il y a des périodes difficiles évidemment, mais nous recevons beaucoup de retours positifs de familles qui nous remercient. Et je suis fière des salariés au quotidien.

C’est aussi un métier qui peut être chronophage et destructeur si l’on n’est pas bien organisé. Je suis mère de deux jeunes enfants et je ne travaille plus comme avant, quand je faisais des journées de 14 heures. Il m’arrivait même d’aller travailler à 3 h du matin ! Les enfants apportent un cadre et avoir une famille permet de mettre des barrières. Autre aspect négatif : le téléphone est allumé 24 h/24, 365 jours par an. Avec ce métier, on peut se sentir esseulé. Il faut donc savoir s’entourer, recruter des personnes à son image. Aujourd’hui, mon téléphone ne sonne jamais pour rien. »

Je suis un « gentil tyran »

« C’est une pyramide. Je suis en haut de cette pyramide, mais sans base elle ne tient pas. Et la base de la pyramide, c’est le personnel. Pour moi, un salarié heureux est un salarié encadré. Quelqu’un de jovial, de bonne humeur, apporte beaucoup de bien-être aux résidents. C’est donc important d’être à l’écoute et d’observer les salariés. Si l’un d’entre eux a une petite mine, j’essaye de savoir pourquoi. Est-ce un problème au travail ou est-ce personnel ? Si c’est un problème familial grave (un enfant hospitalisé par exemple), on essaye d’aménager l’emploi du temps du salarié, de faire en sorte qu’il passe du temps auprès de son enfant. On dit de laisser les problèmes personnels à la porte, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. C’est un métier humain ! Aujourd’hui, les salariés n’hésitent pas à me dire ce qui ne va pas.

En plus d’être à l’écoute du personnel, il faut aussi être polyvalent, actif, proactif, garder les yeux ouverts, se poser des questions, avoir confiance en soi, comprendre que tout ne se règle pas en une journée, savoir se préserver et savoir dire non. Quel que soit le niveau hiérarchique, il faut savoir dire non. Si vous êtes en charge du ménage au premier étage et que votre collègue ne fait pas bien son travail au second étage, ce n’est pas à vous de le faire, c’est à la direction de régler le problème. »

Expérience et légitimité, des qualités nécessaires de maison de retraite

« Je pense que pour être directrice de maison de retraite, il faut bien se connaître soi-même, avoir de l’expérience, avoir géré des relations avec des collègues auparavant et voir ce qui a été fait et qui ne serait pas à refaire.

Avant je disais « je travaille en maison de retraite » mais ne précisais pas ma fonction. Avec l’âge et sûrement le fait d’avoir eu des enfants, je n’ai plus le sentiment d’être une usurpatrice. Maintenant, je me sens légitime. Et plus vous prenez des rides, plus vous acquérez du crédit auprès des familles. Même si, bien sûr, la compétence n’attend pas le nombre des années. »

Et vous, quel regard avez-vous des maisons de retraite ? N'hésitez pas à donner votre avis dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.

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