TravailPour Elisabeth François, conseil en ressources humaines, « plus serviables, plus compréhensives, plus compatissantes, plus émotives… la presse a tendance à dresser un portrait des femmes managers assez caricatural. La réalité est plus simple : les hommes et les femmes sont à la base « programmés » de la même manière pour les postes de management. Ils raisonnent en objectifs, recherchent l’efficacité avec des moyens personnels qui ne sont pas inhérents à leur sexe mais d’abord à leur personnalité ». On peut ainsi avoir des femmes directives et autoritaires, des hommes très à l’écoute et sensibles… « C’est un abus de langage de parler de management féminin ou masculin, c’est d’abord un management de personnalité » indique-t-elle.
Pour autant, des différences existent, « mais elles sont liés à des facteurs externes, pas à des différences de sexes » souligne Elisabeth François. Pour elle, il y a essentiellement deux facteurs : le référentiel masculin en entreprise d’une part, et les étapes de la vie d’une femme d’autre part.
La place majoritaire des hommes en entreprise jusqu’au début des années 80 a laissé des traces : ils seraient ainsi les seuls à pouvoir présider aux destinées d’entreprises et d’équipes. Cette absence historique du paysage économique coûte aujourd’hui à beaucoup de femmes leur assurance. « L’histoire du management essentiellement masculin, les poussent à se questionner sans cesse sur leur légitimité. Cela a une influence sur leur style de gestion : elles sont moins dirigistes, prennent plus en compte les avis pour élaborer leurs décisions. En un mot, elles sont plus adeptes du management collaboratif ».
Autre point important : les « crises » personnelles vécues par les managers façonnent leur style de gestion. Et dans ce domaine, les femmes ont à supporter bien plus de bouleversements que les hommes : maternité, accouchement, ménopause… Pour Elisabeth François, « ces étapes sont complexes à franchir et constituent des épreuves formatrices pour mieux résister aux changements et aux crises. Du coup, les femmes peuvent se révéler plus douées pour s’adapter aux modes de management agiles dans l’air du temps ».
Et de conclure : « nous sommes actuellement en phase de transition. Les distinctions sur les modes de management sont là pour le prouver, mais avec le rééquilibrage des postes entre les femmes, plus intégrées, et les hommes qui aspirent à plus de présence familiale, l’avenir va gommer totalement cette différentiation. Seule la personnalité comptera ».

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